Si vous vous rendez en Castille, il est indispensable de passer par Salamanque, une cité médiévale célèbre pour son université du XIIIe siècle et ses édifices religieux magnifiques relevant à la fois du gothique, du mauresque, du renaissant et du baroque. L’on y trouve également un musée d’Art nouveau et d’Art déco qui regorge d’œuvres incroyables. Depuis 1988, la ville est même classée au Patrimoine de l’Humanité par l’Unesco !
Mais si cette ville a retenu mon attention, c’est bien sûr pour l’un de ses plus grands mystères : la présence d’un personnage en haut relief sur l’une des façades de la cathédrale construite entre 1513 et 1733… qui évoque sans conteste l’apparence d’un astronaute.
Amis de Lovecraft, Stargate et autre Alien theory, bienvenue dans la troisième dimension ! En effet, que fait cet étrange personnage sur un monument qui date d’au moins trois siècles ? Quels architectes venus des confins de l’espace ont pu inspirer à nos ancêtres sculpteurs une telle figure ? Nombreux sont les curieux et les sceptiques qui viennent constater de leurs propres yeux ce phénomène. Car il s’agit de la preuve irréfutable d’une présence des extraterrestres parmi nous depuis plusieurs siècles. De quoi raviver les spéculations sur la construction des pyramides et, pourquoi pas, rouvrir le mystère des crânes de cristal.
Après tout, la présence d’extraterrestre n’est pas plus absurde que celle d’un Dieu tout puissant, et Raël a déjà démontré que théorie extraterrestre et religion chrétienne ne sont pas incompatibles. Sur la façade d’un édifice catholique, la présence de cet astronaute n’est donc absolument pas incongrue. Tel l’ange Gabriel lors de l’Annonciation, il semble flotter dans les airs et son scaphandre évoque à s’y méprendre la forme d’une auréole. Un grand mystère religieux vient-il d’être élucidé ?
Malheureusement, la réalité rattrape fatalement nos élucubrations… Cette sculpture est en réalité apparue en 1992, lors de la rénovation de la Puerta de Ramos de la Cathédrale qui avait été endommagée. Les ouvriers alors en charge de la restauration se sont donc amusés à intégrer quelques figures modernes parmi les hauts-reliefs du bâtiment, ce qui est une tradition en architecture.
On trouve d’ailleurs d’autres détails étranges sur le bâtiment, comme un grimpeur qui nous montre ses parties intimes ou encore un dragon (ou un diable ?) en train de dévorer un cornet de glaces à trois boules.
Parmi les autres sculptures insolites de la ville, on ne saurait oublier celle d’un crâne avec une grenouille sur le dessus de la tête qui se trouve sur la façade de l’Université et qui est devenue l’un des emblèmes de Salamanque.
Si vous allez en Castille, n’hésitez donc pas à faire un petit tour par Salamanque et vous prêter à ce petit jeu de « où est Charlie ? », ou pour le coup « où est l’astronaute ? », une activité ludique et certainement approuvée par Thomas Pesquet !
Qui a écrit cet article ?
Faire la sieste sous les tropiques, parler littérature, théâtre et cinéma, écouter le craquement du glaçon plongé dans l'eau, frissonner avec Lovecraft, planifier des voyages en Italie... J'adore l'esprit rabelaisien, l'accent du sud-ouest et autres futilités de l'existence.
4 comments
Bonjour et merci pour cet article.
Pourquoi parler d’extra-terrestres alors que la sculpture représente un être humain en tenue d’astronaute ?
Ne s’agirait-il pas plutôt de la représentation d’une vision qu’aurait eue un personnage mystique de l’église catholique ? De nombreux mystiques ont eu des visions de l’avenir, alors pourquoi pas de la tenue d’un astronaute. Il faudrait fouiller dans les archives de l’église espagnole, et vérifier dans la liste des mystiques, s’il n’y a pas de trace d’un récit du futur. Et ce mystique devait être important et reconnu par l’église pour que sa vision soit sculptée sur la cathédrale de Salamanque.
Cordialement
Boris
Vous avez raison, il s’agit d’un humain. On parlait d’extraterrestre par rapport au fait que ce personnage évoquait plutôt l’horizon cosmique plutôt que le monde terrestre. Mais ici, il s’agit bien d’un hommage à la conquête spatiale par des personnages on-ne-peut-plus terrestres (et pas du tout extraterrestre).
bonjour!
j’ai visité Salamanque en 2003 comme accompagnant d’une sortie scolaire, je me souviens tout à fait de ce cosmonaute, et d’avoir longtemps cherché la grenouille! (la trouver porte chance, nous disait notre guide)
merci pour cet article!
Oui, c’est le genre de détail dont on se souvient 🙂 L’été dernier, j’ai trouvé le même genre de fantaisie dans les ruines d’un temple d’Angkor. Les sculpteurs qui ont pris en charge la restauration ont intégré des dinosaures aux bas-reliefs. Anachronique aussi, mais tout aussi amusant.